Jeux de la Francophonie 2017: la plus grande exposition d'oeuvres francophones à la Bibliothèque Nationale d'Abidjan

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Jeux de la Francophonie 2017: la plus grande exposition d'oeuvres francophones à la Bibliothèque Nationale d'Abidjan


Après un vernissage réussi en présence de la Première dame de Côte d'Ivoire Dominique Ouattara et la Secrétaire générale de la Francophonie Michaëlle Jean vendredi, rencontre avec Marc-Arthur Gaulithy, le Commissaire Général de cette exposition qui compte plus de 200 oeuvres sur 2 niveaux. 

Que représente pour vous cette grande exposition des Jeux de la Francophonie à la Bibliothèque Nationale d'Abidjan ? 

Accueillir une exposition pareille avec un nombre d'artistes aussi élevé, un nombre d'oeuvres aussi diverses les unes que les autres et pouvoir en faire quelque chose d'agréable à regarder, de compréhensible, de cohérent, avec des sensibilités et des moyens d'expressions différents... C'est un challenge assez significatif ! 
Ça permet en un seul espace d'apporter le reflet de la créativité de tout l'espace francophone ; pour nous c'est quelque chose d'assez important. Personnellement, c'est la plus grande exposition dans ma carrière de curateur. 

Quel est le nombre d'oeuvres exposées ici que l'on peut admirer ? 

Il y a 29 photographes francophones exposés, ils ont droit à 4 photos chacun, soit 116. Les sculpteurs sont 22, on parle de « sculpture-installation » car certaines oeuvres comportent plusieurs pièces. Vous trouverez 24 auteurs de nouvelles en compétition -leurs textes sont affichés sur des grands panneaux au rez-de-chaussée. Enfin, 27 peintres francophones du monde entier nous ont proposé des tableaux. Mais ils nous en ont envoyé plusieurs ! Et finalement comme on avait de l'espace (plus de 2000m2 d'exposition !) on a tout exposé, mais seulement 27 tableaux seront jugés par le jury. 

Remarquez-vous parmi toute cette création francophone rassemblée dans la capitale ivoirienne des différences, des similitudes ? 

(Sourire) Mais bien sûr ! C'est ça qu'il y a eu d'excitant dans le travail qu'on a eu à mener, je ne dirai pas que ça part dans tous les sens mais vous avez autant de sensibilités que de pays ou d'artistes. Et bien sûr, vous trouvez des similitudes dans des travaux. Je prends un exemple simple : ici en Côte d'Ivoire, il y a un courant artistique de peinture depuis les années 90 qu'on appelle le vohou-vohou, qui sort un peu des codes traditionnels de la peinture. Il y a une oeuvre qui vient du Cambodge et qui est typiquement dans ce courant-là ! On aurait pu dire sans hésiter que c'est une oeuvre d'un artiste ivoirien qui pratique le vohou-vohou, alors que ça vient du Cambodge. 
Globalement ce qui frappe dans le travail contemporain, c'est la forte présence du street art et des influences de grands artistes comme Basquiat ou Wahrol, on retrouve vraiment ça ici. Il y a beaucoup d'énergie, de vitalité. 
Et pour la photographie, je remarque un retour en force du noir et blanc. Ça donne un travail excellent, comme si les artistes francophones exposés s'étaient passé le mot. C'est normal, ce sont des tendances contemporaines. Il y a des similitudes, il y a vraiment des différences et tout ça donne une vraie synergie à cette exposition. 

Comment est accueillie l'exposition par les visiteurs depuis son ouverture au public ? 

Il y a quelque chose d'amusant ! Certaines oeuvres n'attirent que les enfants, d'autres seulement les hommes de la sécurité, on cherche toujours à savoir pourquoi ! On a un beau tableau qui vient du Congo, vous trouvez la plupart des femmes qui sont rassemblées devant, ça se comprend car cet artiste congolais travaille sur la beauté féminine. Chacun y trouve son compte, c'est ce qu'il y a d'intéressant dans ce type d'exposition. Personnellement j'ai mes coups de coeur mais pas de pronostic : c'est le jury des Jeux qui décidera. 

(Entrée libre et gratuite à la Bibliothèque nationale d'Abidjan, clôture de l'exposition le 30 juillet à 17h) 


Source : AIP | Cet article a été lu : 985 fois
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